/brag : une vidéo de lancement de 20 secondes générée par votre agent IA
Comment fonctionne le skill /brag, ce qu'il lit dans votre code, comment l'installer dans Claude Code ou Codex, et où il atteint ses limites.
Un projet fini, c'est souvent un README, une capture d'écran et un tweet que personne ne lit. Faire une vidéo de présentation prend une journée : storyboard, montage, musique, sous-titres. Pour un projet perso, cette journée n'arrive jamais.
/brag supprime cette journée. C'est un skill pour agent IA (Claude Code, Codex, opencode, Cursor…) qui lit le code d'un projet et produit une vidéo de lancement de 15 à 25 secondes, avec musique, effets sonores, animations et un texte prêt à poster. Une commande : /brag.
Le dépôt latent-spaces/brag dépasse 14 000 étoiles et près de 1 000 forks, sous licence MIT. Il fait partie de ces projets qui ont grimpé très vite dans les classements, le genre qu'on repère avec Trendshift et les outils de veille sur GitHub.
Ce que /brag fait, concrètement
/brag ne génère pas de vidéo par diffusion, comme Sora ou Veo. Il ne filme rien non plus. Il écrit une composition, puis la fait rendre.
Le partage des rôles est net :
| Rôle | Qui s'en charge |
|---|---|
| Angle produit, ton, moments à montrer | /brag (l'agent) |
| Storyboard, découpage en scènes, timing | /brag (l'agent) |
| Composition HTML, animations, rendu MP4 | Hyperframes |
| Musique et effets sonores | Pistes fournies avec le skill |
| Voix off (optionnelle) | Kokoro, via Hyperframes |
Hyperframes est un framework open source de HeyGen, sous licence Apache 2.0. Il transforme une page HTML en vidéo MP4 : un Chrome headless capture chaque image, FFmpeg encode. Les animations peuvent venir de GSAP, de CSS, de Lottie ou de Three.js. L'idée est d'avoir un format qu'un LLM sait déjà écrire très bien, le HTML, et de le rendre déterministe.
Le point clé de /brag, c'est qu'il lit le code, pas une URL. Pas besoin d'un site en ligne. L'agent ouvre les composants, les styles, les textes, et réutilise la vraie interface du produit dans la vidéo.
Les quatre étapes du skill
Le fichier SKILL.md découpe le travail en quatre phases.
Inspecter. L'agent parcourt le projet et répond à une grille de neuf questions : à quoi sert le produit, pour qui, quel est son moment fort, quels visuels existent déjà.
Planifier. Il écrit brag-plan.md : un storyboard scène par scène, avec durées, transitions, effets sonores et indications de musique. La somme doit tomber entre 15 et 25 secondes.
Composer. Il transmet un brief à Hyperframes, puis lance npx hyperframes check jusqu'à zéro erreur.
Livrer. Il rend brag.mp4, choisit la meilleure image comme vignette (brag.jpg, aussi placée en première frame de la vidéo) et rédige share-copy.txt.
Le résultat atterrit dans un dossier dédié, avec le brief de composition transmis à Hyperframes :
brag-output/
├── brag-plan.md
├── brag.mp4
├── brag.jpg
└── share-copy.txtSi un brag-output/ existe déjà, le suivant est horodaté (brag-output-2026-10-07-143012/). Les anciennes versions ne sont jamais écrasées.
Les règles créatives
Ce qui distingue /brag d'un simple script de montage, ce sont ses contraintes. Le skill les appelle ses « lois créatives », et elles sont plutôt bien vues.
La structure est imposée : une accroche de 2 à 3 secondes, une révélation du produit, deux ou trois points forts, une conclusion. Les deux premières secondes doivent retenir l'attention, sinon le reste ne sera pas vu.
Le texte doit rester lisible : environ 0,8 seconde pour un label court, 0,3 seconde par mot pour une phrase. C'est l'erreur classique des vidéos générées, qui font défiler du texte que personne n'a le temps de lire.
Et surtout, le jargon SaaS générique est banni. « Streamline your workflow » est explicitement interdit. La vidéo doit montrer la vraie interface et reprendre les vrais textes du produit. C'est la règle qui fait la différence entre une vidéo qui ressemble à un template et une vidéo qui ressemble à votre projet.
Installation
Il faut Node.js 22 ou plus, FFmpeg dans le PATH, et un agent qui gère les skills.
Dans Claude Code :
/plugin marketplace add latent-spaces/brag
/plugin install brag@bragDans Codex :
codex plugin marketplace add latent-spaces/brag
codex plugin add brag@bragPour les autres agents, le CLI skills de Vercel installe le skill au bon endroit :
npx skills add https://github.com/latent-spaces/brag --skill bragAjoutez -g pour l'installer globalement plutôt que dans le projet courant. Ensuite, vérifiez que Hyperframes est opérationnel :
npx hyperframes doctorSous Windows, le dépôt utilise des liens symboliques pour être reconnu par chaque agent. Il faut cloner avec git clone -c core.symlinks=true et activer le mode développeur. Le plus simple reste de passer par le plugin ou le CLI skills, qui évitent le problème.
Si vous découvrez le format, un skill n'est qu'un dossier avec un SKILL.md et des ressources. C'est le même mécanisme d'extension que les hooks de Claude Code, mais côté instructions plutôt que côté scripts.
Utilisation et options
Dans le dossier du projet, on demande simplement à l'agent :
let's /bragLe ton se règle avec --tone. Il existe sept préréglages : default, polished, yc-parody, chaotic, deadpan, cinematic, app-store. On peut aussi écrire une consigne libre, que l'agent rapproche du préréglage le plus proche :
/brag --tone "fake Series A launch from 2016"Les autres options utiles :
| Option | Effet |
|---|---|
--format vertical | 9:16 pour TikTok, Reels, Shorts (aussi square, landscape par défaut) |
--voice | Ajoute une voix off générée par Kokoro |
--no-music | Supprime la musique |
--no-sfx | Supprime les effets sonores |
--full | Force le workflow Hyperframes complet sur Opus 5.5 |
La voix off est désactivée par défaut, et c'est un bon choix. Kokoro est un modèle de synthèse vocale léger qui tourne en local, le même que propose Voicebox pour la voix IA locale. Le skill demande à la narration de compléter l'image sans relire le texte affiché, ce qui évite l'effet diaporama commenté.
/brag-slim : la version allégée pour Opus 5.5
Depuis la version 0.4.0, le dépôt contient un second skill, /brag-slim. Même règles créatives, mais sans Hyperframes ni pistes audio fournies.
Le principe est différent : le skill ne prescrit plus d'outil. Il dit à l'agent de construire la vidéo « avec ce qui marche sur cette machine ». Si le rendu passe par un navigateur, chaque frame doit être une fonction pure du temps. L'agent compose aussi la musique et les effets sonores lui-même, comme une seule pièce.
Sur Claude Opus 5.5, /brag bascule automatiquement vers /brag-slim, sauf avec --full ou --voice. C'est un pari sur la capacité du modèle à se passer d'échafaudage. Il rend le skill plus portable, mais aussi moins prévisible : deux machines avec des outils différents ne produiront pas la même chaîne de rendu.
Les limites
Le coût d'abord. Une génération, c'est un agent qui lit votre projet, écrit un plan, une composition HTML, la corrige, puis lance un rendu. Ça consomme beaucoup de tokens. Pour une vidéo de lancement, ça se justifie. Pour itérer dix fois sur le ton, la facture monte.
Le résultat dépend du projet. /brag montre l'interface réelle. Une API sans front, une bibliothèque ou un outil en ligne de commande lui laissent peu de matière visuelle. Il fera des animations de texte et de code, ce qui fonctionne, mais l'effet est moins fort.
Le style se reconnaît. Quand des milliers de projets publient une vidéo avec la même structure accroche, révélation, trois points, conclusion, le format finit par se voir. C'est le prix des templates, même bien faits.
Enfin, /brag lit tout votre code. Si le projet contient des données clients, des captures d'écran sensibles ou des clés dans un fichier oublié, elles peuvent finir dans la vidéo. Relisez brag-plan.md avant le rendu, et regardez la vidéo en entier avant de la poster.
Pour ceux qui ne veulent rien installer, letsbrag.app fait tourner /brag à partir d'une URL. Le skill, lui, reste gratuit et open source.
Après la vidéo
Une vidéo ne sert que si elle est vue. Le fichier share-copy.txt donne un texte court pour accompagner le post, et brag.jpg une vignette propre. Si la vidéo renvoie vers un site, soignez aussi l'aperçu du lien avec les balises Open Graph et Twitter Cards : un post vidéo qui mène vers une page sans image d'aperçu perd une bonne partie de son effet.
/brag ne remplace pas un vrai motion designer, et il ne prétend pas le faire. Il remplace la vidéo que vous n'auriez jamais faite. Pour un projet perso, une démo open source ou un side project, c'est exactement le bon niveau : vingt secondes spécifiques à votre produit, au lieu d'une capture d'écran et d'un « j'ai codé un truc ». Le vrai intérêt du projet est ailleurs, dans ses règles créatives : elles montrent qu'un bon skill tient moins à l'outil de rendu qu'aux contraintes qu'on impose à l'agent.