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RSE · Débutant

RSE

Comprendre et construire une démarche RSE : définition, ISO 26000, cadre légal français et européen, double matérialité, bilan carbone, numérique responsable et pilotage sans greenwashing.

ISO 26000CSRDESRSGHG ProtocolBilan CarboneRGESN
01Comprendre la RSE02Les référentiels : ISO 26000, ODD, labels03Le cadre légal en France et en Europe04Parties prenantes et double matérialité05Mesurer : bilan carbone et indicateurs06Le numérique responsable07Piloter la démarche et communiquer sans greenwashing
Chapitre 3·30 min

Le cadre légal en France et en Europe

La RSE est née volontaire. Elle l'est encore en partie, mais une série de lois a transformé certains sujets en obligations. Le paysage est mouvant : l'Union européenne a construit un cadre ambitieux entre 2019 et 2024, puis l'a nettement allégé en 2025 et 2026. Ce chapitre fait le point sur ce qui s'applique, à qui, en octobre 2026.

Un avertissement d'abord : ce cours donne les grandes lignes. Pour une décision de conformité, vérifiez les textes en vigueur et leurs seuils exacts, qui changent souvent.

Ce qui concerne toutes les entreprises

L'intérêt social élargi. Depuis la loi PACTE de 2019, l'article 1833 du Code civil dispose qu'une société « est gérée dans son intérêt social, en prenant en considération les enjeux sociaux et environnementaux de son activité ». Ce n'est pas une obligation de résultat, mais un dirigeant ne peut plus ignorer ces enjeux dans ses décisions.

La raison d'être et la société à mission. Toujours avec PACTE, une société peut inscrire une raison d'être dans ses statuts, puis aller plus loin en devenant société à mission : objectifs sociaux et environnementaux statutaires, comité de mission (pour les sociétés de 50 salariés et plus), vérification par un organisme tiers indépendant. C'est volontaire, mais engageant : la mission devient opposable.

Les allégations environnementales. C'est le changement le plus récent. La directive européenne 2024/825 « donner aux consommateurs les moyens d'agir pour la transition verte » s'applique depuis le 27 septembre 2026. Elle interdit notamment :

  • les allégations génériques (« écologique », « respectueux de l'environnement », « vert ») sans performance environnementale reconnue et démontrée ;
  • les allégations de neutralité d'un produit fondées sur la compensation carbone ;
  • les labels de durabilité qui ne reposent ni sur un système de certification ni sur une autorité publique.

En France, la loi Climat et résilience encadrait déjà depuis 2023 l'usage de « neutre en carbone » dans la publicité. Pour une agence qui rédige les sites de ses clients, c'est un sujet très concret : un « site éco-conçu, zéro impact » sur une page d'accueil devient risqué.

Ce qui dépend de la taille

Le tableau ci-dessous résume les principales obligations françaises. Les seuils sont simplifiés : vérifiez les conditions exactes avant de conclure.

ObligationSeuil principalContenu
Obligation d'emploi de travailleurs handicapés20 salariés6 % de l'effectif, ou contribution financière
Index de l'égalité professionnelle50 salariésPublication annuelle d'une note sur 100 et mesures correctrices
Consultations du comité social et économique50 salariésElles portent aussi sur les conséquences environnementales de l'activité (loi Climat)
Bilan des émissions de gaz à effet de serre (BEGES)500 salariés (250 en outre-mer)Bilan tous les 4 ans, plan de transition, publication sur la plateforme de l'ADEME
Décret tertiaireBâtiments tertiaires de 1 000 m² et plusRéduction de la consommation d'énergie de 40 % en 2030, 50 % en 2040, 60 % en 2050
Devoir de vigilance5 000 salariés en France ou 10 000 dans le mondePlan de vigilance couvrant filiales, sous-traitants et fournisseurs

L'index de l'égalité professionnelle va évoluer. La directive européenne sur la transparence des rémunérations devait être transposée au plus tard le 7 juin 2026. Elle impose des écarts de rémunération publiés par catégorie, le droit pour les salariés de connaître les niveaux de salaire, et l'interdiction de demander son salaire actuel à un candidat.

Atelier Pixel, avec 40 salariés, n'est concernée que par la première ligne et par ses obligations générales de droit du travail. Pourtant, ses clients publics et ses grands comptes lui posent des questions sur toutes les autres. C'est l'effet de chaîne qu'on verra plus bas.

La CSRD et le reporting de durabilité

La directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive), adoptée en 2022, remplace l'ancienne déclaration de performance extra-financière. Les entreprises concernées publient un rapport de durabilité dans leur rapport de gestion, selon les normes ESRS, vérifié par un commissaire aux comptes ou un organisme tiers indépendant.

Son principe central est la double matérialité : l'entreprise rend compte à la fois de son impact sur la société et l'environnement, et de l'impact des enjeux de durabilité sur sa propre situation financière. On le détaille au chapitre suivant, parce que la méthode est utile même hors obligation.

Le calendrier et le champ ont beaucoup changé :

2022  Adoption de la CSRD. Calendrier prévu :
      - exercice 2024 : grandes entreprises d'intérêt public > 500 salariés
      - exercice 2025 : autres grandes entreprises (> 250 salariés, selon seuils)
      - exercice 2026 : PME cotées
 
2025  Paquet « Omnibus » de simplification :
      - avril : directive « stop-the-clock », report de deux ans des vagues 2 et 3
      - fin 2025 / début 2026 : accord sur le nouveau champ
 
Nouveau champ (Omnibus) : entreprises de plus de 1 000 salariés
et plus de 450 millions d'euros de chiffre d'affaires.
Les PME cotées sortent du champ.

Le résultat : la grande majorité des entreprises qui se préparaient à la CSRD n'y sont plus soumises. Les ESRS eux-mêmes sont en cours de simplification, avec beaucoup moins de points de données. Vérifiez la situation exacte de votre entreprise auprès de votre expert-comptable ou commissaire aux comptes : les textes de transposition et les actes délégués continuent d'évoluer.

L'Omnibus a aussi introduit une protection pour les petites entreprises : une entreprise sous le seuil de 1 000 salariés n'est pas tenue de fournir à ses clients soumis à la CSRD plus d'informations que celles prévues par le standard volontaire VSME. C'est une bonne raison de suivre ce standard.

Le devoir de vigilance européen

La directive CSDDD (Corporate Sustainability Due Diligence Directive), adoptée en 2024, généralise à l'échelle européenne l'idée de la loi française de 2017 : identifier, prévenir et réparer les atteintes aux droits humains et à l'environnement dans sa chaîne d'activité. Elle aussi a été réduite par l'Omnibus : elle vise désormais les très grandes entreprises, au-delà de 5 000 salariés et 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires, avec une application repoussée.

La taxonomie verte

La taxonomie européenne classe les activités économiques selon leur contribution à six objectifs environnementaux (atténuation et adaptation au changement climatique, eau, économie circulaire, pollution, biodiversité). Les entreprises soumises au reporting publient la part de leur chiffre d'affaires, de leurs investissements et de leurs dépenses « alignés ».

Pour une PME, la taxonomie compte surtout indirectement : les banques s'en servent pour classer leurs financements, et certaines offres de prêt « verts » en dépendent.

L'effet de chaîne : pourquoi les PME sont concernées quand même

Une PME n'est presque jamais soumise directement à la CSRD ou au devoir de vigilance. Elle en ressent pourtant les effets, par trois canaux :

Les clients. Un grand groupe qui publie ses émissions doit estimer celles de ses fournisseurs (le « scope 3 », chapitre 5). Il envoie donc des questionnaires, et demande parfois une note EcoVadis.

La commande publique. La loi Climat et résilience impose qu'au plus tard en août 2026, tous les marchés publics comportent au moins un critère d'attribution prenant en compte les caractéristiques environnementales de l'offre. Les acheteurs publics doivent aussi intégrer des considérations sociales dans les marchés au-delà de certains seuils. C'est exactement ce qui a fait perdre deux appels d'offres à Atelier Pixel.

Les financeurs. Banques et investisseurs demandent des données ESG, même aux PME, pour leur propre reporting.

Les textes propres au numérique

Pour une entreprise du numérique, trois textes complètent le tableau :

TexteContenu
Loi REEN (2021)Réduction de l'empreinte environnementale du numérique : sensibilisation dès l'école, stratégie numérique responsable pour les grandes collectivités, lutte contre l'obsolescence
Loi AGEC (2020)Anti-gaspillage et économie circulaire : indice de réparabilité, information sur les mises à jour logicielles, réemploi
Acte européen sur l'accessibilitéApplicable depuis le 28 juin 2025 : de nombreux services numériques (commerce en ligne, banque, transport…) doivent être accessibles, sauf microentreprises

L'accessibilité est un sujet RSE à part entière, rattaché à la question centrale « consommateurs » d'ISO 26000. Pour une agence web, c'est même l'un des leviers les plus directs. Les bases techniques sont détaillées dans le guide de l'accessibilité web et des WCAG.

Ce qu'Atelier Pixel en retient

Obligations directes       → OETH (6 %), droit du travail, RGPD,
                             allégations environnementales (sites et
                             communication de l'agence)
Obligations des clients    → accessibilité (EAA) et RGESN pour les
                             collectivités : arguments commerciaux
Pression indirecte         → critère environnemental dans tous les
                             marchés publics, questionnaires grands comptes
Décision                   → démarche volontaire alignée VSME,
                             premier bilan carbone, offre « numérique
                             responsable » pour les clients

Le chapitre suivant montre comment choisir ses priorités : parties prenantes et analyse de matérialité.

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Les référentiels : ISO 26000, ODD, labels
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Développeur fullstack passionné. J'apprends en construisant et je documente tout — front, back, outils. Le code s'apprend mieux en public.

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